Mon acharnement sur ce pauvre bouquin pose problème : j’en lis un par jour en moyenne, et la plupart sont
d’une insignifiance sans appel : pourquoi aller choisir un de ceux-là pour gaspiller plus de temps à lui tailler un costard que je n’en ai mis à le lire? Est-ce la cause des mâles que
j’enfourche? De ce tas de pignoufs agressifs et autosatisfaits? Sûrement pas : je ne me sens pas plus mec que français, leur commerce n’est pour moi qu’un pis-aller, et je ne saurais qu’applaudir
à la prise du pouvoir par les femmes, si elles ne se faisaient au préalable masculines pour le conquérir, ou, mieux dire, si le pouvoir n’était pas pourri par essence. Ce qui me turlupine, dans
le crypto-pamphlet hirigoyenneux, c’est sa bêtise, c’est le forcement des traits caractéristique du féminisme, le parti-pris polémique si mal dissimulé derrière les protestations
d’impartialité : comme personne ne se reconnaît dans ces caricatures, qui donc pourraient-elles guérir? Pendant ce temps, nos défauts réels demeurent intouchés et inchangés : il se peut
que je sois macho, menteur, geignard, mesquin, que j’aie toujours eu tous les torts, mais pas comme ça, pas à un niveau aussi bas! La phallophobie stupide ne peut que conforter
l’illusion phallocratique. Je ne supporte plus qu’on me pompe l’air avec ces éternelles disparités de rémunérations, en oubliant l’immense flot de fric qui, aussi bien dans le mariage
que la prostitution, rémunère les prestations sexuelles, et qui va à presque 100% dans le sens H –> F, en comparant toujours combien on gagne, et jamais combien on dépense :
les margoulins ne s’y trompent pas, eux qui, à peine ai-je décroché, demandent tous Mme Narcipat. Je ne supporte plus qu'on me récite le couplet comme quoi “à talent égal” il est plus dur pour
une femme de “percer” en art ou littérature, alors que c'est l'inverse. Je ne supporte plus que la moindre criaillerie féminine soit avalisée comme grief sérieux, puisque, n’est-ce pas, elle
témoigne d’une souffrance, et les plus justes récriminations des hommes traitées en symptômes de leur perversion. Qu’on n’aille pas imaginer que ça me révolte davantage sous la plume
d’une femme! Elle fait son boulot et défend son bifteck; ce qui m’écœure le plus, c’est que les hommes adoptent le même discours, dans un but évident de flatterie draguatoire.
Et puis quoi? Il est tout de même agaçant qu’une vieille dame peut-être entamée déjà
par Alzheimer, qui en tout cas n’a strictement rien à dire de nouveau, qui ne cherche même pas la vérité, mais s’abandonne à un radotage nostalgique, vende, du seul fait qu’elle a un
nom, des milliers de palettes (après tout, je l’ai achetée moi-même) d’un resucée insipide, alors que moi qui en dis plus, et, aux chiottes la fausse modestie, du plus
intelligent, en trois articles, je végète dans la plus épaisse obscurité. Phénomène courant : nombre de best-sellers ne sont que magnorum nominum umbrae; le meilleur bouquin
d’Houellebecq, et de beaucoup, est son premier, Extension du domaine de la lutte, et il n’y avait déjà pas à s’agenouiller devant; jamais un Eco inconnu n’aurait réussi à placer des
rossignols exténués comme Baudolino ou Le cimetière de Prague. De plus en plus l’âge de la notoriété coïncide avec celui du gâtisme, ou à tout le moins d’un irrémédiable
épuisement des stocks, et des poussahs vidés occupent toute la place au soleil, pendant que le sang neuf agonise dans son cercueil. J’ai lieu certes de douter très fort d’avoir perso quoi que ce
soit à enseigner aux masses, mais ce doute taraudant ne fait qu’exacerber une incontestable envie à l’encontre des profiteurs de l’édition, par quoi s’explique une hargne que je ne
conteste pas : toute ma prétention, c’est de ne pas manquer à l’équité.
Mais est-ce seulement en tant que producteur-rival, ou aussi en tant qu’usager, que
je me sens offusqué et insulté par un bouquin censément consacré à la solitude, et qui ne traite que du couple? Je n’exigeais pas que le cas d’un robinson urbain dans mon genre fût pris
en compte, encore que dans ma tranche d’âge je ne le croie pas si exceptionnel; mais les vieux bonshommes qui sont, non pas “dans leur tête”, mais absolument et effectivement seuls 23h59
sur 24, bien évidemment ne consultent pas, et si d’aventure ils le faisaient, ce ne serait pas cette psy-là, du moins pas deux fois! Pour elle, la solitude consiste à l’évidence à se
passer de compagnon à domicile, ou même à en avoir un, avec lequel l’échange n’est pas satisfaisant. Et celle qu’elle loue à longueur du peu de pages où elle en papote, ce n’est pas la solitude
d’une vie, mais d’une soirée, qu’il n’est pas mauvais, de temps en temps, qui donc en doute, de passer à lire un bon livre ou à se reprendre plutôt qu’à s’assourdir en boîte.
Qu’on ne s’y trompe pas, ce n’est pas contre un regard pathologifiant que je m’insurge ici, je dirais presque : au contraire! p. 188 :
« Pour avoir une certaine estime de soi, il faut avoir
le sentiment que l’on peut être aimé pour soi-même et non uniquement en fonction des rapports d’intimité. Quiconque n’existe pas par lui-même souffrira plus de la solitude et de l’isolement, car
cela le confrontera à son vide intérieur. Accepter la solitude, c’est cesser de dépendre du regard de l’autre et assumer la responsabilité de ce que l’on est, savoir ce que l’on vaut par
soi-même, compter sur soi et non sur les autres. Montaigne recommandait déjà de se déprendre de l’appropriation des autres : « Faisons que notre contentement dépende de nous, déprenons-nous de
toutes les liaisons qui nous attachent à autrui, gagnons sur nous de pouvoir à bon escient vivre seuls et y vivre à notre aise. » Ce que confirmait Rousseau : « Tout attachement est un signe
d’insuffisance : si chacun de nous n’avait nul besoin des autres, il ne songerait guère à s’unir à eux. »
Savoir être seul permet de s’affirmer, de se plaire
suffisamment pour ne plus être dépendant de l’autre et de son jugement; ne plus se préoccuper de ce qu’il pense et, au lieu de le percevoir comme un rival, le considérer comme un compagnon de
voyage. Pour avoir une relation riche et épanouissante avec un partenaire, il importe donc de garder une distance suffisante, de ne pas être dans la fusion. Personne ne peut vivre, aimer ou
souffrir à notre place. Tout au plus pouvons-nous soutenir l’autre, compatir à sa souffrance. Respecter l’autre, c’est respecter son identité et son territoire psychique. » Comment mieux
montrer que cette femme est incapable de penser la solitude, nouvelle ou ancienne? Elle essaie d’en parler, et ne décolle pas du couple : le prétendu solitaire
a un partenaire. Et la caution de Montaigne et de Rousseau, tous deux maqués, ne passant pas un jour entier hors du commerce des hommes, n’est pas des plus solides ici, où on les dirait
aussi superficiels que celle qui les cite. Le problème, ô J.J., tes ex-amis te l’ont assez répété, c’est que l’érémitisme (surtout quand il se borne à des aspirations douteuses)
n’implique pas le détachement, et qu’il faudrait au moins examiner (comme le fait Proust) s’il n’est pas induit par un excessif attachement à l’opinion du “public”, qu’on préfère fuir,
par peur de n’en être pas adulé. À quelqu’un qui plaignait le Citoyen de Genève d’être forcé à décamper de partout : « Ne le plaignez pas trop, répliqua Saint-Lambert, il voyage avec sa
maîtresse, la Réputation. » Si Saint-Lambert avait logé un peu de cette perspicacité dans ses vers, peut-être lirait-on encore Les saisons! En extériorité, qui donc pourrait paraître
plus autonome que mézigue, cloîtré dans mon clapier, sans interlocuteur que ceux que je m’invente, sans télé, sans autres, et ne lisant, dirait-on, que pour critiquer? Je
pourrais me lover là-dedans, m’en bétonner l’estime de soi ou le self grandiose; or non seulement mon vide et ma dépendance ne font aucun doute, mais ce que j’espérais trouver dans ce bouquin (et
quelques autres dont je n’ai pas parlé, et qui sont aussi piteux : on dirait que personne n’a rien à dégoiser de sagace sur le sujet) c’est une tentative d’élucidation du rapport entre dépendance
et solitude; d’élucidation divergente, s’entend, puisqu’à mes yeux il n’a rien de bien sorcier de dénoncer cette soi-disant suffisance à soi-même comme un fruit de l’excès
de dépendance, donc de la terreur d’être anéanti par un rejet.
Non seulement donc le partenaire est incontournable, mais il le faut de chair,
autrement il est faux : p. 116 :
« Le virtuel rassure parce qu’il donne l’illusion
d’une relation, mais il isole également, car il ne laisse plus d’espace-temps pour les relations de la vraie vie. Le virtuel, c’est ce qui peut nous consoler des souffrances du réel. Mais il
s’agit d’un leurre, car, sur les sites de rencontres, l’autre n’existe pas en tant que tel. Il n’est qu’une chimère, un fantasme que l’on crée de toutes pièces. C’est ce que décrit la romancière
espagnole Lucia Etxebarria dans son roman, Aime-moi, por favor :
Dans le monde virtuel, j’avais une
relation avec une entité incorporelle, inodore, insipide et même incolore (une entité en noir et blanc – écran et caractère –, car depuis le début j’avais refusé d’échanger des photos afin de
stimuler l’imagination). Ses messages – quotidiens – avaient beau être amusants, inspirés, intelligents, je ne pouvais absolument pas, faute de savoir combien de temps il passait à les écrire,
être certaine que mon correspondant était dans la vie réelle aussi amusant, inspiré, intelligent que je ne l’imaginais : peut-être ne s’agissait-il pas de messages spontanés, mais simplement de
rédactions quotidiennes d’un apprenti-séducteur qui faisait de laborieux efforts. »
Pour Hirigoyen, on subodore que si l’autre n’est que chimère et fantasme qu’on
crée de toutes pièces, c’est simplement qu’elle parle sans savoir, que ce type de relation n’est pas de son temps, et qu’elle ne cherche ou ne parvient pas à s’adapter.
Etxebarria est moins bouchée, et je ne nie pas qu’en peaufinant des heures, on ne puisse considérablement améliorer un premier jet; en tout cas, je m’y emploie de mon mieux, quand la
correspondante me tient à cœur, et il est rarissime que j’en aie pour mes sueurs, ce qui m’énerve. Cela dit, le travail est souvent contre-productif, et ne métamorphose en aucun cas un ignare en
érudit, ou un sot en verveux. Surtout, ne peut-on appliquer ces interrogations à la littérature? Je ne connais aucun roman de cette dame; mais il n’aurait pas le sens commun de les rejeter sous
prétexte qu’elle y a passé trop de temps! Puisqu’elle, ou, disons, sa narratrice, a refusé les photos, donc la rencontre (nécessairement décevante quand on s’est mis en tête une binette
imaginaire) et que le vis-à-vis est définitivement en noir et blanc, en quoi peut-il donc lui importer qu’il peine plus ou moins sur sa prose? En principe, il n’est qu’elle, et
ça ne l’empêche nullement d’être autre, avec les surprises que ça comporte. Un autre qui devrait convenir pleinement à qui prône l’asexualité! Seulement voilà, l’enfermement dans la
correspondance pourrait bien être aussi fallacieux que la limitation à l’amitié, et la quête des âmes ne renvoyer, chez tous et toutes, consciemment ou non, qu’à celle des corps, comme
me le répète Averell. L’intérêt d’une sublimation dans l’échange épistolaire est évident, quand votre corps est devenu (ou fut toujours) votre pire représentant, mais il n’est pas dit
qu’elle puisse pour autant pleinement satisfaire, et qu’on ne garde pas chevillé à la zone sud l’espoir de câlins charnels, même si l’on persiste à penser comme moi qu’ils sont essentiellement
signe de totale acceptation. Chose certaine, il m’est inconcevable de tomber amoureux d’une correspondante sans visage, écrivît-elle comme Colette, Sévigné ou
Delaunay.
Je crois que ce qui m’exaspère le plus chez Hirigoyen, ce n’est pas la partialité,
ni même la bêtise, mais la prétention omniprésente à nous donner des leçons de vie, du haut de sa stature de naine, et des leçons, voilà l’oppression, auxquelles je ne puis répondre que
par des griffonnages marginaux rageurs ou un article dont les lecteurs se compteront sur les doigts d’un pied. Une de celles auxquelles elle revient sans cesse, un pilier de son credo, c’est que
le vrai amour nécessite une distance. p. 59, « Beaucoup [d’hommes, est-il besoin de le préciser?] ne
connaissent pas la bonne distance qui permet une relation saine, et recherchent la fusion. Craignant d’être abandonnés, ils établissent une relation où les deux ne font qu’un, sans espace pour
respirer, sans position de recul. » idem en 188 (voir plus haut) ou en 195 : « La dose de solitude nécessaire est propre à chacun. Que l’on vive seul, en
couple ou en famille, il est important de se donner – et de donner à l’autre – des moments et des lieux de solitude, car aimer l’autre, c’est accepter sa part d’inaccessible. » Bref, c’est
un compagnon de voyage, en aucun cas un alter ego. Je n’ai garde de discuter le confort et la convivialité de la relation tiédasse passim préconisée, qu’on baptise
parfois de la formule “amour conjugal” (un oxymore à mes yeux!) et qui permet des enrichissements tels que ceux qu’évoque la p. 147 : « une attitude moins
fermée sur soi-même peut permettre de renforcer le lien autour de valeurs partagées ou de la mise en commun d’activités ou de projets. Le couple, c’est aussi l’habitude et le confort d’être avec
quelqu’un, dormir avec un corps, éprouver sa chaleur. Ce n’est pas rien, cela peut donner de l’élan pour la journée. Comme disait Léo Ferré, ce sont les mots des pauvres gens : “Tu as bien
dormi?” » Pas rien, peut-être, mais pas grand-chose non plus, et si c’est à ce modèle de « relation riche et épanouissante » qu’il faut sacrifier le fantasme de construction d’un
ego duel, merci pour moi, j’irai mieux sans. Je sens bien qu’on touche là au cœur de ma déficience, c’est-à-dire au refus, voire à la forclusion, de l’altérité, mais enfin, appeler
amour ce quiet côtoiement de deux monades, cet échange de bons procédés, ces lits communs et parties de pétanque, ça me reste en travers, et fleure la manœuvre visant à détrôner la
passion au profit de la popote, pour la raison qu’on sait n’être pas ou plus susceptible de susciter la première, ou, tout simplement, qu’on s’est enfoncé dans la routine du mariage, et qu’on
veut la placer en haut du podium : Anne était là-dessus d’une éloquence à crier Coué. Désolé, mais l’amour m’est inconcevable sans tentative de dépassement de l’altérité. Il ne consiste
pas à respecter la différence et le jardin secret d’une anorexique, d’une dyspareuniaque, d’une snob, d’un inhibé, d’un facho, d’un kleptomane ou d’un avare! Je suis tout à fait
conscient des risques d’oppression, de rupture, de déception et de satiété que comporte le duel-fusionnel, et du fait qu’ayant passé le temps d’aimer (parce que celui d’être aimé) il m’est un peu
facile de nous la jouer absolu ou rien, en disqualifiant la popote des autres. Mais enfin quiconque a reçu dans sa vie une flé-flèche de Cupidon sait au moins, même s’il se
garde de la sacraliser, que l’amour est autre chose que le compagnonnage, qu’il implique la possessivité, et je doute qu’il en soit des brassées, même n’ignorant rien des
angoisses et des déboires dont est tramée une grande passion, pour ne pas la préférer, si elle se profile, à ces petits bricolages mesquins que la bonne distance.
Quant à savoir si le vice constitutif de l’amour dont je me fais le chantre
ne serait pas son narcissisme, ce n’est pas chez Hirigoyen que je trouverai des réponses, puisque ce concept semble chez elle encore plus flou que les autres :
p. 17 : « Quelques-uns de ceux qui craignent la
solitude se sentent coupables d’être seuls. C’est comme si leur situation était le résultat d’une faute : “ Je suis seul parce que je ne suis pas ce qu’il faut être, parce que les autres ne me
supportent pas.” Et quand ces personnes consultent, le danger – j’y reviendrai – est que beaucoup de psychothérapeutes actuels, au lieu de les aider à aimer leur solitude et à l’enrichir, leur
proposent des techniques pour augmenter leur narcissisme : ils les amènent à se fuir dans de multiples rencontres, plutôt que d’apprendre à s’accepter et à s’aimer. » Allez comprendre
quelque chose à ce magma. Étrange narcissisme, qui consisterait à se fuir dans des rencontres, et qui se résorberait quand on apprend à s’aimer et à s’accepter dans la
solitude. En somme, si je parvenais à renforcer l’estime de soi, en me passant de support, j’irais vers la guérison sans sortir de mon clapier? Vous n’y êtes pas : p. 134 : «
Quelles que soient les méthodes de ces conseillers, leurs recommandations consistent à augmenter l’“estime de soi” et à diminuer la dépendance à l’égard des autres.
Ce qui revient à préconiser encore plus de narcissisme et encore moins d’engagement. C’est un pas de plus dans la guerre des ego. » Si l’on relève une contradiction avec les préceptes de
la p. 188, (voir supra) c’est sans doute qu’on n’a rien compris à quelque différence subtile entre “ne plus être dépendant” et “diminuer la dépendance”. En tout cas, quoi qu’elle entende par là,
l’estime de soi va dans le sens du narcissisme, loin de le combattre : confirmation en 185 : « À travers ces méthodes rapides, on apprend à s’aimer
suffisamment soi-même pour n’avoir plus besoin des autres, même si, pour s’estimer, on a quand même besoin du regard approbateur de l’autre.
Partout, on nous parle d’estime de soi. Mais, fasciné
par son propre corps, l’homme est confronté à sa propre impuissance. Pourtant, un vrai travail thérapeutique devrait nous amener à nous accepter simplement comme des humains imparfaits et
fragiles, à admettre que nous ne sommes pas des surhommes. […] Il faut accepter que nous ne sommes que des individus “moyens” et que l’important est d’abord de travailler à devenir quelqu’un de
“bien”. » Si l’on est minable et inutile, si personne ne veut de nous et ne nous demande rien, on suppose alors que la guérison consisterait à le voir en face, et à s’en accommoder? Non,
nous dit la p. 17 : « leur vrai problème, c’est qu’elles ont une image pathologique d’elles-mêmes, comme Francis, 64 ans :
La solitude me donne l’impression de
ne pas être “aimable”. Quand je vais traîner dans les saunas et que personne ne veut de moi ou quand je donne une fête de cinquante personnes et que je ne reçois aucun retour après… Il est clair
que le vieillissement accentue la solitude affective : c’est la peau qui se flétrit, une marche un peu moins rapide dans la rue, une sexualité de moins en moins satisfaisante; tout cela fait
qu’on vous laisse de côté. » Si ce modeste effort de lucidité véhicule une “image pathologique de soi”, alors c’est la self-estime qu’il faudrait remuscler?… Suffit : assez perdu de temps
sur ce soliloque prétentieux et décérébré. Dire que cette femme est censée soigner des gens, et qu’après tout elle n’y arrive peut-être pas plus mal qu’une autre!